Convictions
Posté le 9 fév 2007 à 21:27 :: _Textes :: * :: rss
* Peut-être est-ce la recherche de la confrontation avec soi-même qui pousse l’Homme à aller au bout de ses convictions.
Bien, pas bien, on ne peut pas répondre à cette question. Hitler avait une conviction, celle de la supériorité d’une « race » et de l’absolue infériorité d’une autre. Les conséquences en sont -malheureusement- connues. Gandhi avait aussi une conviction, celle que le mot « lutte » n’était pas forcement associé à la violence, le royaume d’Angleterre en aura fait les frais. Aujourd’hui, certains courant religieux vont avec certaines convictions, certains écolos pensent avec certaines convictions, et beaucoup d’industriels et commerciaux pensent à eux-mêmes, avec beaucoup (peut-être trop) de convictions. Des répétitions pour représenter l’infinitude de sens et de direction qu’on peut donner à ce mot. De fait, vous comprendrez donc qu’il est extrêmement difficile de juger le caractère manichéen de l’idée.
Cependant, une grande partie de la population de la terre, et ce sans concertations au préalable, trouve certaines convictions à la fois belles, émouvantes, et cætera…
Lorsqu’elles parlent d’Amour, de la vie, des animaux, -tous les sujets qui trouvent une sensibilité particulière auprès du commun des mortels- seront finalement celles qui m’intéresseront pour vous expliquer mon chapô (voir *).
Il s’appelle Steeve Cardon, il a quitté foyer et petite amie deçà 5 ans pour aller faire du windsurf sur l’île de Maui dans l’archipel d’Hawaii au beau milieu du pacifique. Partir pour fuir le stress et réaliser son rêve de rider avec les plus grands de la discipline. Partir à l’arrache, avec quelques numéros de téléphone, un peu d’argent et une fois sur place recommencer de zéro. Nouer des contacts, faire des petits boulot, s’héberger, se nourrir, se soigner (staphylocoque …), affronter les galères (dormir dans la rue, rester à jeun faute d’argent), bref, vivre le temps de quelques mois un rêve de gosse. Partir loin pour voir autre chose. Pour vivre autre chose que la grisaille et le monotonie quotidienne. http://steeve.cardon.free.fr/sitestiviou/ voici son site ou il a tenu tout au long de l’aventure un journal de bord. On s’en délecte, c’est passionnant, même pour les non windsurfers.
Cet exemple n’est qu’un témoignage parmi des centaines de milliers. Quelle est la conviction qui sommeille en lui et qui l’a poussé à tout quitter du jour au lendemain deux fois de suite pour faire de la planche à voile au paradis sur terre ? Partir à la wailleugaine comme on pourrait se le dire, se taper un trip et plus tard pouvoir raconter ça à ses enfants et petits enfants, « regarder le guedin que j’étais ! ». Quelle fut l’étincelle qui lui permit d’aller au bout de son voyage. Faute d’interview, nous ne pourrons qu’imaginer ce qui a pu lui passer par la tête. Nous jugerons donc par nos propres sentiments.
Nous avons tous été confronté à la conviction qu’un être humain nous était fait pour la vie. Chacun connaît des couples tous plus sérieux les uns que les autres mais qui se séparent à la nuit tombée pour retrouver leurs éternels amantes et amants. Chacun a également vécu cette sensation de perte de contrôle devant l’être en question, ces pensées parfois obsédantes et peut-être même aliénatrices. Comment selon vous naît cette conviction qui s’appelle l’Amour ? Quittons le romanesque, nous pourrions aller voir du côté des convictions politiques, liées à celles idéologiques, qui existent infinitésimalement plus que le nombre de cheveux sur la tête de Ozzy Osbourne.
Existe-t-il une personne, hors condamné à mort de tout type (d’ordre médical, de société, ou politique), capable de dire ce à quoi elle est présente sur la Terre pour ? Personnellement, à cette dernière question, je répondrais NON : J’ajouterai que certains personnages eurent et ont plus de charisme que d’autre, que certaines situations leurs furent favorable à un moment donné.
Personne ne me contredira si je dis qu’après ce qu’on appelle le « bout », il n’y a plus rien. Donc, d’après mon intro (voir *), le bout des convictions serait la limite praticable de la pensée. Le moment où l’on se rend compte de la futilité de notre raisonnement. Est-ce donc la confrontation avec soi-même qui pousse l’Homme à aller au bout de ses convictions ? Et bien dans un sens peut-être. En réfléchissant, en laissant le temps travailler sur nous-même, on se rend parfois compte qu’il n’est que conviction que ce qu’on se donne la peine d’appeler ainsi.
Prendre une conviction pour une autre, je vous emmerde.
Laissez moi rêver…
(Héliadus, pour Réplik ...)



Commentaires
1. Le 10 fév 2007 à 17:35, par alicia
2. Le 10 fév 2007 à 18:00, par Héliadus
3. Le 8 aoû 2007 à 08:56, par Steve
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.